HOMMAGE DE LA BCT – Tawhida Ben Cheïkh, la première femme médecin

Tawhida Ben Cheïkh devient en 1936, la première femme médecin tunisienne et du « monde arabe ». Honorée après sa mort par la mairie de Paris avec la création d’un centre de santé à Montreuil appelé  » Centre Tawhida Ben Cheïkh « , elle s’est éteinte à 101 ans, le 6 décembre 2010 La Banque centrale de Tunisie mettra en circulation, à compter du 27 mars 2020, un nouveau billet de banque de dix dinars (type 2020) ayant cours légal et pouvoir libératoire. Ce nouveau billet aura pour effigie le Docteur Tawhida Ben Cheikh (1909-2010).
Il lui rend hommage, ainsi qu’à l’ensemble du corps médical, en cette période extrêmement éprouvante pour ses membres.
Cette mise en circulation sera accompagnée par le lancement, dès le début de la semaine prochaine, de l’application mobile «Flouss». Créée par la Banque centrale de Tunisie et développée par la startup tunisienne «Digital Cultural eXperience», l’objectif de cette application est d’introduire une nouvelle communication sur la nouvelle génération contemporaine des billets de banques tunisiens.
Par le recours à la technologie de réalité augmentée dans cette application, la BCT vise à présenter les aspects culturels ainsi que les éléments de sécurité des billets de banques. Elle offre, aussi, aux malvoyants, un service d’identification audio de la valeur de l’ensemble des billets en circulation.
BIOGRAPHIE
Née en 1909 dans une famille originaire de Ras Jebel (gouvernorat de Bizerte), elle devient en 1929 la première tunisienne à obtenir le baccalauréat, puis elle entame de brillantes études de médecine à Paris grâce au soutien de sa mère, Halouma Ben Ammar qui tiendra tête à toute une famille s’y opposant. Le Docteur Etienne Burnet, futur Directeur de l’Institut Pasteur de Tunis, l’encouragera également.
De retour à Tunis en 1936, elle ouvre un cabinet de pédiatrie au 42 rue Bab Ménara, à Tunis, puis se spécialise dans la gynécologie.
Féministe engagée
En parallèle, elle s’engage dans la lutte féministe et participe, dès 1937, à l’action du Club de la jeune fille tunisienne et de l’Union des femmes musulmanes. C’est cette année-là qu’elle deviendra la première rédactrice en chef du premier magazine féminin tunisien édité en langue française « Leila ». À l’indépendance du pays, elle dirige les services gynécologiques et obstétriques de l’hôpital Charles Nicolle (1955-1964) et Aziza Ottoman (1964-1967) et participe à la création de l’école des sages-femmes. Elle prend sa retraite en 1967. Tawhida devient aussi la première médecin femme à siéger au Conseil national de l’Ordre des médecins de Tunisie en 1959. En 1962, elle sera élue au poste de vice-président.
Tawhida Ben Cheikh fonde alors le premier service hospitalier du planning familial dont elle prendra la direction à partir de 1970, ainsi que la première clinique spécialisée dans le contrôle des naissances. Elle est de tous les combats humanitaires et apporte son soutien aux plus démunis au sein du Croissant rouge tunisien.
La démarche de cette femme d’action discrète et passionnée a largement participé à inscrire les Tunisiennes dans la modernité.
En 2010, la Poste Tunisienne lui avait rendu hommage en éditant un timbre à son effigie.
https://lepetitjournal.com/tunis/actualites/hommage-de-la-bct-tawhida-ben-cheikh-la-premiere-femme-medecin-53766

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *