Managers, n’ayez pas peur : osez-vous faire évaluer… par vos équipes !

J’ai été manager pendant plus de 20 ans, d’équipes de quelques dizaines à plusieurs centaines de personnes, membre de comités exécutifs bref… ce que l’on peut appeler un cadre dirigeant pendant un certain temps. Et ce qui, avec le recul me surprend c’est que la seule évaluation de mes qualités de manager qui ait été faite l’a été par mes propres managers… et moi-même lors de mes entretiens annuels. Je ne sais pas comment vous étiez en orthographe qua d vous étiez petit moi, ce n’était pas terrible terrible (je sais, ce n’est pas toujours au top mais désormais, je peux blamer le correcteur orthographique). Et pourtant, il y avait un genre de dictée dans laquelle j’excellais : la dictée auto-corrigée. Vous savez, le maître ou la maîtresse lit un texte, vous le copiez et dans un second temps, le texte est écrit au tableau et vous comptez vos fautes… étrangement, comme par magie, certaines de mes fautes disparaissaient sous un pâté aussi discret qu’un éléphant dans un magasin de porcelaine. Pas terrible, hein ? Et bien pendant des années, c’est comme cela que la qualité des managers était évaluée. Il passe un entretien annuel avec son n+1 qui va lui demander : – Et alors, comment ça se passe avec ton équipe ? – Au top ! – Ils pensent quoi de toi ? -C’est simple : ils m’adorent !!!! Et voilà… ni vu ni connu, même le pire des managers peut passer pour un cador du management. Mais le problème, c’est qu’il sera évalué au même niveau que l’excellent manager qui lui n’a pas besoin de mentir pour l’être mais n’a aucun moyen de valoriser son savoir-faire. NON, désolé, n’est pas manager qui le veux. Je vois trop de structures dans lesquelles il « suffit » d’être le plus ancien ou le meilleur technicien de son domaine pour devenir manager sans qu’aucune compétence managériales ne soit testée : capacité d’écoute, empathie, patience, calme… toutes ces softskills qui font qu’un manager est un vrai et un bon manager. « Juger autrui, c’est se juger » Shakespeare LA BONNE NOUVELLE Contrairement à mon début de carrière, et oui, au siècle dernier, le numérique a pris une place gigantesque dans notre quotidien, parfois trop grande, mais nous arrivons à une période ou celui-ci, après nous avoir envahi peut se mettre à notre service. Vous pensez être un bon manager : prouvez-le au monde entier en mettant un système d’évaluation anonyme de votre management par vos équipes. ANONYME ???? Oullaaaaaa, souvent, surtout en France, cela fait peur. Mais combien de cas de harcèlement moral, de harcèlement sexuel sont passés sous silence parce que cet anonymat n’était pas garanti ? John Irving le disait : l’anonymat garantit l’honnêteté… ce n’est pas toujours vrai mais dans ce cadre, je le crois profondément. Et oui, qui de plus à même que nos équipes pour dire si vous êtes un manager à l’écoute, disponible, attentif à l’équilibre vie privée/vie professionnelle ? De plus en plus d’entreprises mettent cela en place, General Electric, Accenture, Netflix pour ne citer qu’elles. De plus, pas besoin d’investissements gigantesques puisqu’il existe des solutions très simples et accessibles pour mettre cela en place. Mes deux préférées ? Ourco et Supermood, sans aucune hésitation. LA « MAUVAISE » NOUVELLE Et oui, ici, plus possible de tricher. Si pendant un temps le manager est moins performant avec ses équipes, cela se verra immédiatement. Et c’est pour cela qu’à chaque fois que je parle de ces solutions, des managers viennent me voir avec un air visiblement inquiet et me disent : « mais… si on met cela en place, je risque d’être mal noté! »… euuuuuuh, oui, c’est le principe. Ce qui est étonnant, ce n’est pas pas cette crainte, c’est plutôt qu’il ait fallu attendre aussi longtemps pour que la compétence des manager à manager soit évaluée. Plus de 50% des démissions en entreprise sont dues à un management défaillant ou de faible qualité. Toutes les entreprises auraient intérêt à évaluer les managers. Pas pour les punir s’ils ne sont pas bons mais pour identifier lesquels auraient besoin d’une formation. Nos grandes écoles ne forment pas au management, ou tellement peu que cela en est risible (oui, je préfère en rire plutôt que d’en pleurer, question de caractère) alors qu’il est clairement établi qu’un mauvais management va faire augmenter l’absentéisme, les burn-out et réduire l’implication et la créativité. CONCLUSION Comment pouvons-nous parler de qualité de vie au travail si l’on ne parle pas de la qualité du management ? Impossible n’est-ce pas ? Franchement, tout le monde a à y gagner lorsque l’on joue la carte de la transparence : les bons managers qui pourront, enfin, valoriser la qualité de leur management, les salariés qui ont un manager toxique qui pourront, enfin, le dire de façon claire et enfin, l’entreprise qui pourra se faire une idée précise de la qualité de ses managers. Alors je sais bien ce que certains vont se dire : trop d’entreprises ferment les yeux sur des pratiques managériales plus que contestables par crainte du conflit ou de perdre quelqu’un de « rentable ». C’est vrai. Mais je crois que ce genre de transparence est une exigence qui se fait de plus en plus forte auprès des jeunes générations qui se dirigerons vers les entreprises qui jouent cette carte de la transparence. En gros… vous voulez des talents ? Soyez transparents !
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